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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 09:38

Samedi 25 juillet. Tu prends ta voiture, et tu roules, longtemps... Abandonnant les paysages jaunis par une sécheresse persistante, tu traverses des paysages verdoyants. Les feuilles d'arbre ont encore une couleur estivale, les talus sont fleuris. Sur le tableau de bord, il ne fait plus 41°C, mais 20. Et à la radio, tu captes Virgin radio et Europe 1. Mais quelle est donc cette contrée merveilleuse ? Ni pays de Candy ni royaume des Bisounours, on est tout simplement... en Bretagne !

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 18:21

Vis ma vie de maman débutante, épisode 3.

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous chez le gynéco (et je m'arrêterai là pour les détails personnels). Doudou d’amour chéri de mon cœur avait engouffré un gros biberon à 12h30, me laissant espérer qu’il ne réclamerait pas avant 16h30 et roupillerait tranquillement le temps de ma petite visite de contrôle. Car oui, Coco découvre depuis quelques jours les bibis, ce qui a théoriquement l’avantage de mieux permettre d’anticiper l’heure de ses repas.

Théoriquement moui…. 15h45, je suis à peine entrée dans la salle d’attente que je vois Loulou commencer à mâchouiller frénétiquement le cale-tête placé autour de son cou dans son Cosy. C’est mauvais signe, car cela signifie qu’il a faim et tète tout ce qu’il trouve dans une tentative désespérée de se nourrir. « Mais non », me rassuré-je, « il a pris son biberon à 12h30, il ne PEUT PAS avoir faim ». Et puis au pire, le gynéco est très ponctuel, on a quelques minutes devant nous avant que Doudou ne s’excite…

15h49…. J'entre dans la salle de consultation

Le gynéco, admirant le bébé d’un air intéressé : « Bon alors, il est né quand ce bébé ? »

Moi : « Le 15 février ».

Le bébé : « Ouin ! »

Le gynéco : « Il pesait combien ? »

Le bébé : « Ouiiinnnn ! »

Moi : « 3 kilos 245 ».

Le gynéco : « Combien ? »

Le bébé : " OOOUUUUIIINNNN"

Moi : « 3 kilos 245 ».

Le gynéco : « Et ça s’est bien passé ? »

Le bébé : « OOOOOOOOUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNN !!!!!!!!! »

Eh bien, si, défiant toutes les lois de la logique et de la métaphysique, mon bébé était soudainement affamé au moment même où j’étais dans l’impossibilité de lui donner à manger. Je regardai alternativement d'un air contrit mon gosse, se tordant de douleur, puis le médecin , qui tâchait de garder son calme, partagée entre l’envie de nourrir mon gamin inconsolable et celle de mener à bien mon rendez-vous de contrôle… et pestant intérieurement contre ce gène de la faim permanente que son père semble définitivement avoir transmis à notre progéniture.

Ce furent cinq longues minutes qui s’écoulèrent alors, le gynéco se concentrant tant bien que mal sur ses vérifications, moi sur ses remarques, le tout ponctué de hurlements de plus en plus insistants.

Quand, enfin, mon rendez-vous fut terminé, je me précipitai hors du cabinet et saisis le plus rapidement possible le biberon d’eau et la poudre de lait… L’eau n’était pas vraiment chaude, je priai donc intérieurement pour qu’elle soit à une température suffisante pour convenir à Doudou. La poudre de lait, j’en renversai une partie sur le sol de l’entrée, ben oui, faut pas non plus me demander d’être habile alors que la sirène de la faim du fiston me perce les tympans depuis maintenant dix bonnes minutes…Vite, vite, on secoue le bibi, on l’enfourne dans la bouche du Titi, tant pis pour sa position inconfortable dans le cosy, et on attend, anxieusement, de voir si le repas conviendra à Monsieur…

Et c’est ainsi qu’on finit comme une loque, debout dans un couloir obscur, tenant d’une main le biberon de Chéri d’amour et dispersant de l’autre les restes de lait en poudre répandus partout dans le sac à langer, les pieds essayant de déplacer lesdits restes sur la partie claire du carrelage histoire que ça se voie moins, sous le regard intrigué voire choqué des nombreux clients du cabinet. Etre parent, c’est une aventure quotidienne.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 21:56

Les débuts de la vie d’un bébé, c’est pas simple… il faut sans cesse pleurer pour se faire comprendre, et ça peut durer longtemps avant que ces abrutis qui te servent de parents comprennent ce qui ne va pas. Et tes parents, ne sont pas plus avancés et sont souvent démunis pour répondre à tes besoins.

Endormir ton bébé, par exemple, quand tu es jeune parent, c’est une vraie mission commando… Tu le prends à bras, et il s’endort dessus : c’est la solution de facilité, mais ça gêne tes mouvements et même un petit machin de quatre kilos finit par peser lourd après deux heures de sieste sur ton cubitus. Le portage, ça libère les bras, mais encore faut-il maîtriser l’installation d’un loulou pas toujours très coopératif contre ton giron. Dans le cosy, c’est facile, mais quand tu vois ton bébé la tête complètement affalée sur le nombril, le dos en S, tu penses aux séances de kiné pour le dos qui l’attendent dans quelques années si tu le laisses longtemps là dedans. Reste le transat, moelleux, confortable, qui balance idéalement son occupant, qui a l’inconvénient d’abîmer le dos semble-t-il, mais ce serait un moindre mal… Pour le coup, c’est Doudou qui refuse d’y dormir, et la cause de ce rejet reste un grand mystère.

Et encore faut-il que Coco soit décidé à fermer ses petits yeux… Comme de par hasard, les crises d’insomnie de ton gosse n’ont pas lieu au même moment que les tiennes, ce qui t’occasionne une double privation de sommeil… Et là, forcément, tu repenses à la chanson de Benabar, voire même, en grosse sadique, tu la chantes à ton précieux bambin :

Voilà plus d'une heure que j'te tiens dans mes bras,
Voilà quelques jours que je suis tout à toi.
Il est très tard et tu dors pas,
Je t'ai fait une berceuse, la voilà.

Demain le jour sera là et les oiseaux chanteront leur joie, tes paupières d'or s'ouvriront sur le soleil et sur sa chanson, ferme les yeux, c'est merveilleux et dans tes rêves toutes les fées viendront te réveiller, fais dodo... pourquoi tu dors pas?

Demain il faut que je me lève tôt,
J'ai un rendez-vous important,
Si t'aimes ton père, si tu l'aimes vraiment,
Sois fatigué et dors maintenant.
J'ai sauté sur l'occas', t'avalais ton biberon
Pour un micro-sommeil de dix secondes environ,
C’était confort, j'ai bien récupéré,
Maintenant tu dors, t'arrêtes de nous faire... Fais dodo.

Demain le jour sera là et les oiseaux chanteront leur joie, tes paupières d'or s'ouvriront sur le soleil et sur sa chanson, ferme les yeux, c'est merveilleux et dans tes rêves toutes les fées... Dors dors dors! Bordel, Pourquoi tu dors pas? Dors dors dors! Laisse dormir ton papa!

Ce que tu regardes en riant, que tu prends pour des parachutes,
Ce sont mes paupières mon enfant, c'est dur d'être un adulte.
Allez on joue franc jeu, on met carte sur table,
Si tu t'endors je t'achète un portable,
Un troupeau de poneys, un bâton de dynamite,
J'ajoute un kangourou si tu t'endors tout de suite.

Tes paupières sont lourdes, tu es en mon pouvoir une sensation de chaleur engourdit ton corps, tu es bien, tu n'entends plus que ma voix, je compte jusqu'à trois, et tu vas t'endormir...

Pourquoi tu ne veux pas dormir, pourquoi, tu dors pas?
Je te donnerais bien un somnifère,
Mais y en a plus demande à ta mère,
T'es insomniaque ou quoi?
Puisque tu ne me laisses pas le choix,
Voici le temps des menaces,
Si tu dors pas j'te place.
Dors dors dors! Mais on dirait que ça marche.
Tu fermes les yeux, tu es
si sage,
C'est merveilleux, tu dors comme un ange,
Tu as de la chance moi aussi j'ai sommeil,
Mais c'est le matin, faut qu'je m'habille.
Je me suis énervé mon amour, je le regrette,
Pour me faire pardonner j'vais te jouer un peu de trompette!

Tu savais que les paroles de cette chanson sentaient le vécu, mais en plein milieu de la nuit, quand c’est toi qui la fredonnes, elles prennent toute leur signification… Tu t’essayes aussi à d’autres mélodies, et là tu te rends compte que ton répertoire n’est pas si varié que tu le pensais, toi, la boîte à musique ambulante, te trouves souvent contrainte de remplacer la moitié des paroles de ton hit parade personnel par « na na na ». Sans te laisser démonter, mais en te promettant quand même de réviser tes classiques quand Petit Chat t’en laissera l’occasion (on peut rêver) , tu lui chantonnes « Pierrot », « En cloque », « Quatrième de couverture » en pensant à tes copines fans de ces chansons comme toi, avec qui tu les as entonnées si souvent… et tu pleures d’émotion, à cause des paroles en elles-mêmes, des souvenirs nostalgiques qu’elles évoquent à ton cerveau encore empli d’hormones, et aussi parce que, même si tes nuits sont pourries et tes journées marquées de « ouin », ben ta vie est belle, et elle a désormais trouvé un nouveau sens.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 09:41

Vis ma vie de maman débutante, bis…

Je découvre depuis la naissance de Coco (un des nombreux surnoms que je lui donne) les surprises de l’allaitement à la demande. Sans entrer dans les détails, disons juste que le loulou a l’art d’avoir faim juste avant de partir en rendez-vous, ou en plein milieu d’un coup de fil super important , le tout à des intervalles aléatoires (mais bon sang, peut-il avoir faim à nouveau alors qu’il a mangé il y a une heure et demie, on dirait son père…).

Samedi, typiquement, Loulou avait mangé à 7 heures. J’avais rendez-vous à 10 heures avec une amie. S’est alors posée la grande question : quand allait-il réclamer à nouveau ? A 10 heures, finalement pas de problème, Doudou (autre surnom très intelligent que je donne à mon bébé d’amour, pardonnez mon gagatisme) reste calme le temps du chargement dans la voiture et de l’arrivée au café. C’est à 11h 10 qu’il manifeste des prémices de signes de faim, alors que je dois être à la gare, juste en face, à 11 h 25 pour y récupérer ma belle sœur. Avec ma copine, nous nous interrogeons : 1) on tente de le remettre dans la nacelle, et on espère qu’en roulant il va se rendormir, me laissant ainsi la possibilité de le nourrir tranquillement à la maison ? Ou 2) je prends le temps de le faire manger maintenant, et je dis à ma belle sœur de nous rejoindre au café ?

Evidemment, nous choisissons la mauvaise option : si vous voulez galérer et faire hurler votre bébé, tapez 1 : remis dans la nacelle, Monsieur hurle à pleins poumons en réclamant son repas, et Maman arpente le devant de la gare à la recherche de sa belle soeur, qui n’arrive pas…. Après dix minutes de hurlements , Maman décide finalement de répondre aux besoins vitaux de son fils et se pose en vrac, devant la gare, dans les courants d’air, sur le seul banc disponible, façon clocharde… Manquait plus que le panneau « j’ai faim, aidez-moi à nourrir mon bébé ». Oh, après tout, c’est peut-être une bonne solution pour arrondir les fins de mois.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 09:36

J’ai un peu délaissé ce blog ces derniers mois… par manque d’inspiration (n’est pas Balzac, le champion de l’écriture hebdomadaire à la ligne, qui veut), de temps aussi… car un grand bouleversement vient de chambouler ma vie. Depuis quelques jours, je suis maman !

Il va bien sûr me falloir du temps pour intégrer toutes les subtilités de cette nouvelle fonction (les possède-t-on jamais, d’ailleurs ?) mais voici à chaud les premiers constats que je peux tirer à propos de mon nouveau rôle :

  • Quand tu es maman, tu retrouves tes vieux réflexes de collège, quand, en quatrième, tu avais une demi heure chrono pour expédier ton repas de cantine entre le cours de latin et celui de maths.. Là, tu avales ton assiette , le goût finalement importe peu, parce que Loulou a choisi de se réveiller et de réclamer à manger juste quand toi tu attaquais ta deuxième cuillerée de pâtes.
  • Quand tu es parent (cela s’applique aussi pour les papas), du développes des compétences manuelles insoupçonnées : tu sais que tu es vraiment droitier si tu arrives à découper ta viande/à ouvrir le flacon d’uvesterol/ à envoyer un sms pendant que tu gères la prunelle de tes yeux de la main gauche.
  • Quand tu es parent, tu apprends à dormir en vrac, plié dans n’importe quel sens, pendant que ta moitié squatte la majorité du lit pour nourrir ton rejeton. Tu te découvres alors des compétences de sommeil inconnues jusque-là.

Des anecdotes, il y en aura d’autres… C’est sûr.

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 21:39

La course à pied, c’est une passion… pour certains. Pour beaucoup ici, si j’en crois le nombre inimaginable de joggeurs qui arpentent le macadam de très tôt le matin jusqu’à la nuit tombée.

Et l’élu de mon cœur fait partie de ces acharnés qui possèdent cinq paires de trail/footing/intermédiaires, bref, moi j’y comprends pas grand-chose, quatre poches à eau de contenances différentes, six gourdes (en plus de sa chère et tendre), trente T-shirts techniques antitranspirants… Il est accro, et je ne peux que modérément me plaindre car j’étais prévenue avant.

Néanmoins, il y a des moments où je reste perplexe… Par exemple, quand nous effectuons trois heures de route pour que Monsieur participe à une course de 12 kilomètres, comme samedi dernier. Qu’une ambiance de folie nous attend, avec la musique franchouillarde et les derniers tubes en date, entre « j’ai envie de m’y enfoncer » et  « Papaouté ». Le tout entrecoupé des commentaires pas toujours inspirés du pauvre notable un peu orateur de la commune qui a été embauché pour meubler avant, pendant et après la compétition. En plus, c’est un trail blanc, alors il se les gèle et il le dit : « il faisait moins froid l’année dernière », « Encouragez les coureurs, ça vous réchauffera », « Merci d’avoir bravé le froid pour venir les admirer ».

dossier-1 2012Bon, c'est un paysage romantique, mais est-ce que ça fait vraiment envie ?

J’ai beau le savoir, pour avoir fréquenté pas mal de ces événements, je reste toujours impressionnée par le nombre de compétiteurs prêts à en découdre dès 5 heures du matin, ou par -6°C, ou les deux. D’aucuns veulent sans doute effrayer leurs adversaires et arborent un look minimaliste façon « je suis un warrior ». Le meilleur dans cette catégorie restera le mec en Marcel et short et c’est tout à 1500m d’altitude par un frisquet samedi de mars. Il y a aussi son contraire, celui qui pense que le matériel le plus sophistiqué suffira à lui assurer la victoire : lui, il porte les chaussettes Booster qui sont censées faciliter la circulation du sang dans les jambes, la dernière paire de pompes minimalistes à 300 euros du héros de la discipline Kilian Jornet, le coupe-vent de la mort qui tue qui doit être vingt fois mieux que les autres vu qu’il coûte vingt fois plus cher que son équivalent de chez Décathlon, et il a emmené 6 tubes de liquide énergétique dégueulasse goût citron chimique ou tomate artificielle.

STA52543Voilà typiquement le genre d'innovations que vous pourrez découvrir...

Et là, désolée pour la minute « amoureuse », il y a aussi mon chéri à moi, que les autres toisent d’un œil un peu apeuré parce qu’il est tout maigre et élancé et que du coup « il y a du niveau », murmurent-ils en regardant ses longues cannes musclées. Moi, je suis fière dans ces moments-là, même si je m’inquiète un peu qu’il se fasse mal ou qu’il cale en milieu de parcours. Et je tente de mémoriser sa tenue, parce que pour repérer un type à casquette et fuseau noir entre trois cents autres types habillés strictement pareil et qui ont tous décidé d’étrenner le cadeau fourni par les organisateurs, ben c’est pas toujours facile. Et que si je viens, c’est pour le voir, lui.

Je ne suis pas la seule dans ce cas : le trail, c’est aussi « vis ma vie de femme de coureur ». Nous sommes quelques-unes, au look plus ou moins pro . Moi au moins j’ai la paire de chaussures qui fait illusion, des Salomon 3 XD roses qui donnent l’impression que moi aussi je cours trop bien quand je veux. Je fais semblant de paraître aussi avertie que celles dont le look ne trompe pas et qui ont la panoplie complète de la parfaite coureuse, coupe-vent de marque, casquette technique et minceur  d’athlète. Je me sens malgré tout plus à l’aise que les novices dont les pâles chaussures de rando et le jean témoignent d’une méconnaissance du milieu. Je repère les visages amicaux avec qui je pourrai échanger quelques mots en attendant « mon » coureur à son prochain point de passage, j’esquisse même un sourire pour partager cette connivence : nous sommes là pour nos conjoints, pour les soutenir . Faut-il qu’on les aime…

Le départ approche. Enfin, les commentaires plus ou moins utiles sont remplacés par le briefing d’avant course : le parcours (en même temps, quand tu ne connais pas les lieux, ils pourraient bien te faire passer par où ils veulent, tu t’en fous un peu), le balisage (ça par contre il vaut mieux écouter, parce que pour le coup si tu te perds c’est compliqué), les encouragements, profitez bien, restez prudents et faites-vous plaisir. Et c’est le coup d’envoi… Là aussi, toutes les options sont possibles, de la plus sobre (le compte à rebours effectué par un des organisateurs, ou un nom un peu connu du milieu quand tu as eu la chance de le convaincre de sponsoriser ta course) à la plus kitsch (Conquest of Paradise de Vangelis à plein tube avec décompte sur écran géant et coup de pistolet tonitruant).

Ca part vite. C’est incroyable cette foule, mais ils sont combiens les coureurs ? On te l’a dit avant, dans le briefing, mais tu n’as pas fait attention, trop occupée à donner des derniers conseils à l’élu de ton cœur et à l’admirer, il a l’air si à l’aise et si confiant.

Il en manque quand même un, de coureur… Il en manque toujours au moins un, le pas organisé ou le très cool, qui est parti à la dernière minute et qui, le temps de se garer, loin parce qu’il est le dernier, de récupérer son dossard, loin parce qu’il est le dernier, et de resserrer ses chaussures, a raté le départ. Tu le vois partir après tout le monde, regardant fébrilement sa montre en espérant qu’il va réussir à rattraper les autres. Et tu te marres.

Une fois la horde lancée sur le circuit, vient le moment délicat où tu dois reprendre la voiture et te rendre au premier point de passage. C’est plus ou moins facile, plus ou moins bien indiqué… Généralement, tu trouves quand même un gentil bénévole du cru qui t’explique comment accéder au hameau improbable où passera le peloton. Reste encore le problème, une fois rendu sur place après moult hésitations, de te garer sans déranger les automobilistes… et les coureurs, que tu doubles parfois au passage. Bon, sur ce point-là j’ai de la chance : mon champion est un rapide, et il arrive généralement dans les quarante premiers, m’épargnant ainsi une interminable attente. Et c’est avec soulagement que je le vois franchir la ligne d’arrivée bien avant les pauvres derniers qui n’arriveront parfois que quelques heures plus tard. Et là, je plains leurs femmes. En plus, je me la pète parce que quand même, il est trop fort mon chéri. Ca ne m’empêche pas d’encourager tous  les concurrents, même les premiers. Je suis fair play… même si intérieurement je rêve de les voir trébucher sur une racine ou se gameller dans la bouillasse. Oui, parce que le trail c’est une course en milieu naturel, et que souvent il y en plein, de la bouillasse.

IMAG0611La bouillasse, donc...

Et puis, il y a ces moments magiques, comme samedi dernier justement, avec toutes les lampes frontales qui se promenaient sur la montagne, comme autant d’étoiles filantes qui ont su rendre la course à pied poétique. En fait, pour le trail, je suis croyante, mais pas pratiquante.

STA52557Ca aussi c'est magique.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 11:20

Je me croyais maso… Quelle idée saugrenue, quasiment à chaque vacances, de venir s’enfermer une après-midi entière dans une classe vide pour y faire du rangement, mettre à jour des affichages, préparer les photocopies de la première semaine… J’ai en plus l’outrecuidance d’entraîner dans ma quête ma mère, nostalgique de ses années de primaire et désireuse d’admirer le lieu de mes « exploits » de maîtresse.

crêpière jack

C’est ainsi que je me retrouvai, mardi dernier, dans un hall puant le fioul (ben oui, tant qu’à passer un moment dans mon établissement, autant choisir le jour du changement de cuve, c’est plus fun avec les odeurs nauséabondes), à chercher le *** de bouton d’allumage de la photocopieuse et le thermostat du radiateur. J’embauchai ma mère pour photocopier « mes » œuvres d’arts plastiques et fixer à leur dos la précieuse mais pas toujours efficace Patafix qui me permettrait de les afficher en bonne place pour le retour de mes élèves.

Kevin jack

Je culpabilisais de ne pas profiter du soleil et d’infliger à ma mère un rendez-vous professionnel, lorsque j’entendis des bruits de pas féminins… Tiens tiens, le chauffagiste était-il en train de finir sa tâche, et était-il une femme ? A moins que ce ne soit la dame chargée de l’entretien, mais passer la serpillière en talons, c’est peu commun…

C’est alors que je vis débarquer… ma collègue du lundi, venue imprimer ses préparations de la période. Elle était accompagnée de son cher et tendre, qui avait accepté du bout des lèvres de se joindre à elle sur son jour de congé. Et là, je me sentis juste… normale : je suis une prof comme les autres. Et mes proches sont justes les pauvres victimes d’une espèce animale dont on les avait pas averti de la bizarrerie : la feminis institis. Une petite bête gentille, aimante, mais un peu trop sérieuse parfois.

oeufs jack

 

Le titre de cet article, je ne l'ai pas tiré de mon imagination fertile... Je me dois de citer ma source, par honnêteté intellectuelle mais aussi parce que j'adore son travail... Jack, instit remplaçant et dessinateur ingénieux, dépeint sur son blog et dans ses albums la vraie vie des enseignants, mais aussi de leur entourage. J'ai forcément pensé à lui en écrivant ce message. Les illustrations qui figurent sur cette page sont de lui, catégorie "la dure vie des conjoints d'instit" donc. Et j'en profite pour m'excuser auprès de mon chéri, qui se reconnaît très (trop) souvent dans ces images.

chocolats jack  bryan jack

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Published by ilyalavillelamontagneetlamer - dans Le travail c'est la santé
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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 22:15

 

Franchement, c’est quand même trop la classe de pouvoir dire, comme ça, d’un ton badin, « je suis allée me promener en Suisse cet après-midi » . Parce que quand même, pour la plupart des Français de base, ça envoie du rêve de changer de pays d’un claquement de doigt…

Bon, j’avoue, quand on habite une ville balnéaire au bord du lac Léman, c’est quand même plus facile de se la péter en se vantant d’avoir passé trois frontières en une journée. En l’occurrence, un petit tour de bateau, et hop, Lausanne est atteinte en trente minutes. Lausanne, c’est THE ville, la grande étendue d’immeubles et de jolis bâtiments qu’on aperçoit là-bas, de l’autre côté, quand il fait suffisamment beau. Et que j’avais hâte de visiter, pour voir ce que ça vaut vraiment de près.

Ben c’est une métropole agréable… Le concert de musique celtique proposé à la sortie du débarcadère n’est pas pour rien dans la première impression très favorable que j’ai eue de la ville. L’ambiance « festival de Cornouaille » si douce à mes oreilles et à mon cœur nous était fournie par deux jeunes gens pourvus d’une simple cornemuse et d’une grosse caisse, qui ont enchanté nos oreilles. La façade lacustre est bien orientée au sud, enfin semble-t-il car malheureusement le voile de brume (de pollution, plus précisément, mais là aussi c’est moins classe de l’avouer) qui l’entourait ne nous a pas permis de profiter pleinement du soleil printanier. Et la magnifique vue sur « nos » montagnes était limitée à la vague perception de quelques sommets enneigés en face. Pas grave, en même temps moi quand je ne vois qu’un côté du rivage, ça me rappelle encore plus ma chère Bretagne et j’ai l’impression d’être au bord de la mer, l’iode en moins. Et puis c’est très fleuri, avec de nombreux vestiges architecturaux qui agrémentent la vue. Bon, je m’interroge encore sur la présence d’un authentique temple thai au bout de la promenade… Disons que ça a ajouté à la touche exotique.

dossier-1 3203On se croirait à la mer, pas vrai ?

Il faut mériter le centre ville, situé en haut de la colline sur laquelle la cité s’est bâtie. Ca fait les jambes, et les petites rues commerçantes sont nombreuses. En plus, aller à Lausanne c’est voyager sans les contraintes habituelles d’un séjour à l’étranger : pas de barrière de la langue, incroyable, on peut lire les affiches dans les vitrines et espionner toutes les conversations des passants. Reste l’obstacle de l’argent, eh oui, la Suisse n’est pas en zone euro… mais payer et s’exprimer en francs  a un charme désuet franchement sympathique. Bon, les tarifs en revanche sont bien ceux de 2014 : 18 francs les deux boissons et les deux glaces, tu crois que c’est comme en France pré-euro, et puis tu calcules que ça vaut quand même 15 euros de la France de maintenant. Ouille…

Au final, la ville aura su nous séduire, et nous y reviendrons, pour admirer pour de bon la vue sur « chez nous », bien plus jolie que celle que nous avons habituellement sur « chez eux », et visiter le musée olympique, dont les extérieurs ont attisé notre curiosité. Et pour le plaisir renouvelé de mettre les pieds dans un autre pays sur un coup de tête.

dossier-1 3229Au soleil couchant, c'est beau aussi.

 

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Published by ilyalavillelamontagneetlamer - dans J'irai dormir chez le monsieur de Haute-Savoie
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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 11:29

Un quai de gare, c’est toute une histoire, c’est plein d’histoires… Il y a la jolie fille aux longues jambes et à la petite robe bariolée, qui va peut-être retrouver son amoureux à Perrignier. Il y a la mère de famille et ses trois filles qui reviennent d’un séjour chez Papi en se lamentant du nombre  de mails non lus qu’elles vont trouver à leur retour, parce que Papi, il est gentil mais il fait encore partie de cette génération qui n’a pas Internet à la maison. Il y a les jeunes, look un peu kéké avec la casquette sur la tête et le pantalon qui pendouille, dont on se demande toujours ce qu’ils vont faire dans un train. Et le type un peu perdu qui veut annuler son voyage mais comme il a réservé ses billets en ligne ben du coup il ne peut pas se faire rembourser ses billets à la gare, merci la sncf…

Et puis il y a les gens comme moi, qui raccompagnent leurs proches après un séjour chez nous. On fait les braves, on parle de tout et de rien pour tuer le temps en arrivant l’arrivée du train et le moment délicat où il faudra se dire au revoir pour un moment. On regarde l’heure, on observe les autres voyageurs, on se demande s’il y aura de la place dans les wagons, on vérifie que le billet est composté, le temps de correspondance. On souhaite bon voyage, on remercie d’être venus.

Et puis le train arrive. Il faut se dépêcher car l’arrêt est court et il y a du monde, finalement. On s’embrasse, on retient l’émotion, on la garde pour plus tard, quand on ne nous verra pas. L’autre est bien installé, il a trouvé une place, ouf. On s’observe derrière la vitre en espérant que maintenant, maintenant qu’il faut partir et qu’on n’a plus le choix, le train veuille bien démarrer vite. Mais le jingle retentit, il va falloir attendre, une histoire d’aiguillage ou de problème à la gare suivante. Alors on se contient, encore, on sourit, on fait signe à travers le carreau : « Dis donc, il y a un paquet d’arrêts, bon courage ! ». On refait un coucou, un bisou, il va se décider à partir ce train ?

Enfin, la sonnerie retentit. C’est à la fois un soulagement et un déchirement : cette fois-ci c’est sûr, il faut se dire au revoir, se dire qu’on ne se reverra pas tout de suite mais que c’était bien quand même et qu’on a de la chance d’avoir passé quelques jours ensemble. Le cœur un peu serré, on fait un dernier signe de la main, pour cette fois, et on regarde ce train qui s’éloigne en pensant à la prochaine, pour se consoler. Et on sort de la gare, on revient vers sa vie, qui n’est pas drôle en ce moment mais qui pourrait être pire, on se dit qu’on a quand même de la chance qu’on soit venu vous voir, on prend sur soi et on laisse venir la mélancolie, le sentiment passager de solitude qui finira par s’estomper, bientôt. C’est le sort des expatriés, des exilés loin de chez eux, en France ou ailleurs.

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 10:04

Les voyages forment la jeunesse, paraît-il… Moi j’ai surtout l’impression de gâcher de précieux moments de ma pas encore vieillesse dans les longs trajets en train que j’effectue pour rallier ma province éloignée actuelle et ma province éloignée d’origine. Hier encore (non, je n’avais pas vingt ans, bien que cette citation serait dans le propos), je partis pour un périple de onze heures, via Bellegarde et Paris,  qui se vit rallongé par un « petit incident technique » . Là, il faut imaginer les quatre petites notes de musique, non, pas celles qui ont fermé boutique au creux du souvenir, les quatre petites notes de musique si réjouissantes de la SNCF qui, dès qu’elles retentissent, vous font craindre le pire pour votre santé mentale et votre heure d’arrivée à destination.

Donc… « Tam tum tum tum » (ce sont les quatre notes de musique de la SNCF) : « Mesdames, Messieurs, suite à un incident technique, notre train est arrêté sur les rails. Aucune voie n’est disponible en gare de Vannes. Nous vous prions de nous excuser de ce désagrément qui devrait occasionner environ quinze minutes de retard. » . Il va quand même falloir qu’on m’explique comment un TGV, dont l’heure de passage est prévue et identique chaque jour, peut se retrouver contraint de s’arrêter car aucun quai n’est libre pour qu’il y dépose des passagers. Les mystères de la vie du rail sont décidément impénétrables…

En l’occurrence, c’est avec plus de vingt-cinq minutes de retard que le train quitta enfin la préfecture du Morbihan. Les passagères qui partageaient notre « carré » étant descendues, nous nous trouvâmes seules, ma mère et moi, dans cet espace pourvu d’une table. J’y constatai la présence d’un décor quadrillé… « Tiens, c’est rigolo, on dirait un damier »… Qu’à cela ne tienne ! « Ca te dit de faire une partie ? ». Et voilà comment, grâce à la présence exceptionnelle de nombreuses pièces de deux euros dans mon porte-monnaie (merci les photos de classe dont j’ai récupéré tous les paiements en espèces), nous avons pu occuper note fin de trajet un peu laborieuse. Merci la SNCF !

damier.jpg

NB : Les puristes remarqueront peut-être qu’un damier classique contient un quadrillage de huit cases sur huit. Celui-ci en a dix… N’en demandons pas trop quand même !

 

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Published by ilyalavillelamontagneetlamer - dans Voyage voyage
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